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AU FIL DE SOI

AU FIL DE SOI

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SOUFFRANCE SOLITUDE ET FRATERNITE


Dans nos sociétés occidentales, nous nous croyons civilisés, polis, propres et intelligents. Et pourtant quelle souffrance rencontrons-nous parfois? Certaines familles sont plus solidaires que d'autres, où l'on a inculqué très tôt des valeurs d'entraide, de solidarité et d'amour si on a eu l'intelligence de ne pas se déchirer mais de privilégier l'union et l'inclusion. Aujourd'hui, ici, nous ne vivons plus sous le même toit que nos aïeux, où plusieurs générations se côtoyaient il n'y a pas encore si longtemps. La famille peut n'avoir qu'un temps, un jour les parents disparaissent, les enfants partent vers d'autres cieux, le conjoint peut aussi s'en aller d'une manière ou d'une autre. Restent les amis, si on en a pris soin auparavant... Mais dans certains cas mêmes les amis sont absents et la solitude peut se faire extrêmement pesante.

A l'heure d'aujourd'hui, de plus en plus de jeunes quittant le foyer parental, choisissent de vivre en co-location. La réduction du loyer est-elle la seule motivation à l'origine de ce choix? Non bien sûr, la co-loc c'est l'assurance de ne pas être seul, de faire des "teufs", de rire, de se soutenir, d'avoir quelqu'un à qui parler, et même si ce n'est pas facile tous les jours, c'est un peu la continuité de la famille jusqu'au jour où ils auront un(e) ami(e) pour vivre à 2! l'indépendance n'est pas pour tous. D'ailleurs, les aînés s'y mettent maintenant (après un divorce, un deuil, à la retraite...) 

Il est des êtres solitaires qui trouvent un équilibre dans une vie solitaire. Mais combien parmi nous ne le sont pas et se trouvent pourtant dans cette situation malgré eux. Je sais, vous allez me dire qu'on crée sa vie, et que si une personne se retrouve seule c'est qu'elle l'a voulu (au moins inconsciemment) sujet délicat, à débattre, tellement de choses sont en jeu. Je m'exprime seulement sur la situation, pas sur les causes. 

Personne ne peut réellement savoir ce que c'est à moins d'être passé par là. Je parle de la solitude longue (des années), je parle de la solitude brutale, subie, lorsque la vie va mal et qu'on aurait besoin d'une oreille attentive, d'une épaule solide, parce que nos jambes se fragilisent, qu'on commence à avoir peur de "tomber" au propre comme au figuré, que peut-être on est déjà tombé, et que pourtant, aucune oreille n'est là, aucune épaule n'est là... Nous nous retrouvons comme des enfants blessés, avec souvent la peur au ventre, la maladie ou la dépression comme joker... Restent l'alcool, les anti-dépresseurs ou la drogue comme amis véritables... Leurres de notre progrès!

Il y a les thérapeutes me direz-vous, qui remplacent les prêtres confesseurs d'antan. Oui bien sûr, mais le thérapeute ne vous dispense qu'une heure par ci par là, et vous le payez, c'est donnant-donnant ; dès la porte fermée, la solitude reprend ses aises, on fait un petit tour en vile, on prend un verre avec son sac à mains, et on n'ose pas regarder ceux qui rient ensemble, qui se tiennent par le cou, qui courent et s'attrapent en criant de plaisir... ou on les regarde comme on regarde un film dans lequel on n'a aucun rôle... Il y a aussi SOS amitié... ça c'est gratuit. Oui tout cela est vrai...

La solitude fait des ravages jour après jour, à dose homéopathique, elle agit sournoisement et la souffrance qui en résulte empêche de réagir correctement ; un jour on tombe malade, ou on perd son travail, ou c'est déjà fait depuis longtemps et le chômage fait apparaître le sentiment d'inutilité. Lorsque personne ne nous encourage, lorsque personne ne nous booste, combien faut-il de courage pour se dire à un moment, "STOP! j'y vais, je reconstruis quelque chose, je me fais un programme en béton et je m'en sors". Une décision parfois impossible à prendre, ou alors c'est l'action qui ne suit pas. "C'est décidé je vais me mettre au sport", oui mais sans le copain, la copine, le frère... Seuls les gens qui sont passés par là comprennent ce que je veux dire.

Jacques Salomé dit "quand tu es seul, invite-toi au resto, sois ton meilleur ami, prends 2 places au cinéma..." L'avez-vous déjà fait? Quel effet ça fait? 

Je connais des gens "forts" qui jamais ne se plaindront, des gens qui ont traversé des épreuves et qui tiennent bien debout, fiers et décidés. Parfois pourtant, il en faudrait peu pour atteindre leur coeur meurtri bien barricadé, bien protégé. "Oui je suis seul et j'aime ça" ce qui peut vouloir dire "Oui je suis seul et personne ne viendra perturber mon bien-être et mon confort" ou "Oui je suis seul et je ne veux plus souffrir". Combien de temps??? la solution est-elle alors de fermer la porte de son coeur?
Néanmoins c'est une attitude plus confortable que celle de ceux qui sombrent... Ceux qui sombrent n'ont pas eu beaucoup de marques de tendresse étant petits, ils n'ont pas pris l'habitude de s'aimer eux-mêmes. Et reconstruire les piliers de sa vie à 40 ou 50 ans est plutôt délicat.

Oui la détresse existe. Une de mes amies qui souffrait dans son corps me disait : "c'est moins grave que la dépression, la solitude et le sentiment d'inutilité, ça c'est terrible". Elle avait vécu les deux et pouvait comparer.

Quelles que soient les souffrances de l'enfance, quels que soient les karmas à résoudre, quel que soit le chemin personnel qui se présente, je pense que le besoin profond de fraternité est vital, autant que celui de boire et de manger. La fraternité, la solidarité existent lorsqu'il arrive une catastrophe collective ; tout se met alors en oeuvre pour porter secours aux victimes ("la cellule de crise"). Mais pensons-nous de temps en temps à ces victimes solitaires, anonymes, enfermées jour après jour chez elles dans l'obscurité et le désespoir? On préfère fermer les yeux, comme lorsqu'on croise une personne handicapée, on ne sait jamais, si on "attrapait" son mal?

Les gens individualistes aujourd'hui pensent à leur confort et leur sécurité dans un matériel illusoire, avec des valeurs éphémères... Ils peuvent aussi voyager au bout du monde et pour se donner bonne conscience, disent "j'ai vu la misère, je sais ce que c'est" puis ils reviennent, prennent une bonne douche et regardent la télé en rêvant à leur prochain voyage...
Ils se jettent entre eux comme des kleenex, sans égards... "après moi le déluge"... Une relation après l'autre, rompre en souhaitant le meilleur à l'autre... véritable amour? discours New Age? ou indélicatesse suprême?

Lorsqu'on a un besoin ardent d'une épaule pour pleurer et qu'aucune ne se présente, que faire? Aujourd'hui avez-vous téléphoné ou été voir un(e) ami(e) qui souffre d'une manière ou d'une autre? Pas pour faire votre B.A. mais par véritable intérêt ou amour de l'autre? Avez-vous prié pour ceux qui souffrent sur la Terre, avez-vous prié pour que les humains soient plus conscients, plus responsables... Mon discours n'est pas moralisateur, il est juste humain, naturel et conscient. Cela n'empêche pas d'avoir le confort, de profiter de ce que la Vie nous donne et d'exprimer sa gratitude pour cela. Justement cela devrait nous inciter à plus d'égards pour les autres, à plus d'authenticité dans nos relations et à continuer à vivre le coeur ouvert.

Je crois profondément que malgré tout le développement personnel et spirituel que nous faisons, nous sommes encore de grands enfants, dans les rires comme dans les pleurs et que parfois, nous avons besoin d'un gros câlin, un vrai, un qui ne demande rien en retour, un inconditionnel, comme celui d'une mère... Vous qui me lisez et qui êtes en famille, en couple, en communauté, peut-être souriez-vous de mes propos... Vous ne vivez pas cela? Les autres, ceux qui sont seuls ou ont connu ces phases de vie douloureuses, vous avez de quoi je parle... Et nul n'est à l'abri, un jour peut-être?

Les maîtres en tous genres vous diront de vivre le temps présent, de vous faire coacher, de voir "quelqu'un"... C'est nécessaire. En attendant, certaines phases de vie sont à traverser, cela demande du temps, "la Nuit noire de l'âme" disait St Jean de la Croix. Initiation difficile, indispensable sur le chemin. La conscience aide, comprend, mais la personnalité se rebelle, se décourage, abandonne, se flagelle... Et cette dualité devient le terreau quotidien... du lotus qui un jour s'épanouira.. Rien n'est vain...

Ceci étant dit, si le travail de conscience et d'évolution se fait dans la rencontre avec soi-même, aussi déplaisante soit-elle par moments, je fais le constat que la tendresse, la force, l'entraide, et donc l'énergie collective, devraient faire partie de nos vies, tout simplement... Où sont nos villages où les femmes et les hommes réglaient leurs disputes, leurs chagrins, leurs pertes, avec les danses, la musique et les chants collectifs autour d'un feu, là où la chaleur humaine n'était pas un vain mot, où l'énergie rassemblait et guérissait. Où est tout cela??? Imaginez-vous cela dans votre quartier? dans votre ville? au moment où vous en auriez besoin? C'est à dire n'importe quand.

Cela nous rendrait plus forts, plus confiants, plus joyeux et apaisés dans les épreuves. On peut sourire dans l'épreuve si l'on a quelqu'un près de soi. Il y a tellement de gens esseulés aujourd'hui, chacun dans leur coin, méfiants, blessés, comme des animaux qui se laissent mourir quelque part, dans l'anonymat... Je sens tellement de compassion pour tous ces gens (et donc pour ma propre souffrance)... Et le mot POURQUOI surgit dans l'incompréhension. Je suis loin des guerres, je ne veux pas y attacher d'importance, même si je peux à l'occasion reconnaître leur utilité, mais j'aspire à l'union et à l'inclusion de Tous dans Tout.

Que faisons-nous de cette merveilleuse énergie qu'est la Vie??? Nous devons nous responsabiliser chacun, mais aussi ENSEMBLE...
Cherchez vos amis, rapprochez-vous de votre famille, dites bonjour à vos voisins, aidez une personne seule, souriez dans l'ascenseur, faites la paix dans vos coeurs...

Soyez simples...

Que la Lumière et l'Amour guide vos Vies, je vous souhaite le meilleur...

Merci à tous les gens merveilleux que je croise...

Avec sincérité.