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AU FIL DE SOI

AU FIL DE SOI

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LE BONHEUR

 


Hier une amie que j'avais au téléphone me dit : "tu n'es pas heureuse"... D'abord interloquée, puis vexée dans mon amour-propre (oui j'en ai encore un peu!), je lui réponds : "non tu te trompes, je suis très heureuse" et elle de me rétorquer "non je sais que tu n'es pas heureuse car tu n'as pas tout ce que tu veux!"...

 


Ah!!! voilà donc l'objet de sa réflexion! je n'ai pas tout ce que je veux... Bien entendu... Voyons... il me manque aujourd'hui un peu d'argent, un compagnon, du temps pour créer, ... soit! mais curieusement je me sens malgré cela parfaitement heureuse...


Alors sommes-nous sur la même longueur d'ondes? Sûrement pas! Et comment expliquer à quelqu'un qui n'est pas sur la même longueur d'ondes que soi qu'il n'y est pas et qu'il projette ses propres angoisses sur vous? Avez-vous déjà essayé? pas toujours facile, le risque étant de partir dans une discussion délicate, voire le conflit... j'ai essayé un peu mais voyant que cela ne servait à rien, je me suis calmée intérieurement et j'ai écouté ses plaintes de la vie, ses angoisses pour les autres, elle avait visiblement besoin de parler, elle me prenait à parti, me demandait si je m'angoissais pour mes enfants...? et je lui répondais que non. "Comment fais-tu?" me demandait-elle sans attendre ma réponse. Elle me disait que SI ses enfants étaient heureux elle serait alors heureuse... et j'essayais de lui faire entendre sa propre dépendance à un extérieur sur lequel elle n'avait aucun contrôle... Selon elle, pour être heureux ses enfants devaient avoir telle et telle chose, vivre telle et telle chose... J'ai bien essayé aussi de lui souffler qu'ils avaient leur propre route à faire et que le temps qu'elle passait à vouloir pour eux était surtout du temps perdu pour elle! mais elle n'entendait pas, perdue dans ses réflexions et ses croyances sur la vie... Alors j'ai renoncé et j'ai ouvert mon pavillon d'écoute plus grand jusqu'à la fin de la conversation... Sans pouvoir rien dire sur moi... Mais quelle importance puisque je suis heureuse malgré tout... Quelle importance si elle ne comprend pas ce que je vis, et comment je le vis... Elle a terminé la conversation en me disant "je te souhaite d'être heureuse!" j'ai raccroché avec un petit sourire en lui disant Merci!


J'ai 52 ans, et je me souviens de l'époque de Noël, enfant, adolescente... Les années 60! Rien à voir avec aujourd'hui! Au moment de Noël, les boutiques se couvraient de lumière, les vitrines nous dévoilaient des jouets automatiques, des marionnettes, des trains électriques... C'était vivant, magique, et cela ne durait que le temps de Noël... Aujourd'hui on pourrait dire que c'est Noël tous les jours et que dans cette forêt de consommation, on a même du mal à repérer l'objet que l'on convoite... Au fait, votre écran plat vous l'avez??? Parce que moi pas encore...


Pour moi le bonheur n'était pas tant dans l'objet que je pouvais prendre dans mes mains, mais dans cette attente désirable, dans cette joie intérieure de l'idée qu'un jour j'aurai cette merveille en ma possession et que je pourrai en jouir! Et ce chemin que je faisais vers l'objet était extraordinaire... J'ai longtemps appris à jouer du piano, à la fin de mes études au conservatoire, j'en faisais 6 à 7 heures par jour! Je me débrouillais bien... La joie de jouer était certes là mais combien de répétitions, d'heures de travail faut-il pour arriver à jouer une oeuvre le mieux possible pendant seulement une dizaine ou une vingtaine de minutes? Est-ce le moment où l'on va tout donner de soi qui est le plus grand bonheur? Ou ces milliers d'heures passées à travailler les traits, les arpèges, les accords??? Si ces milliers d'heures n'étaient pas de la joie, je pense sincèrement que les 10 minutes de consécration n'en seraient pas elles non plus... Cette discipline à laquelle je me suis attelée très tôt puisque j'avais 7 ans m'a montré le chemin, que l'ici et maintenant c'est là que le bonheur intérieur s'installe et prend forme... tous les danseurs, musiciens, et sportifs apprécieront je pense ce que je dis ici... L'entraînement EST le Chemin.


Être avide d'objets, vouloir posséder, n'avoir de paix que lorsque les gens que l'on aime trouvent le bonheur, sont à mon avis de fausses pistes vous égarant sur le chemin vers le Soi... Sachant que l'objet une fois en votre possession n'aura plus d'intérêt quelques temps après, très rapidement parfois, qu'êtes-vous donc en train de vivre? Passez-vous régulièrement à côté de la Vie elle-même? Se poser les questions justes sur son propre bonheur et commencer à essayer d'y répondre, cela me semble plus adéquat... Apprendre à apprécier chaque instant de Votre route est à mon avis beaucoup plus précieux que d'être arrivé... Et arrivés où?


Beaucoup de gens aujourd'hui font du développement personnel, et beaucoup désespèrent de ne pas arriver néanmoins à être heureux, même avec ça! J'en entends sans cesse se plaindre de cela dans mon cabinet de thérapeute. Ils visent un but certes louable, mais avec cette attente impatiente et déjà déçue d'atteindre enfin le but, sans cesse, sans cesse... Que de fatigue pour rien!


C'est le chemin que je faisais étant petite, entre chez moi et le magasin de jouets (2 bons kilomètres! pour mes petites jambes à l'époque!), qui me ravissait... je sentais gonfler mon coeur qui battait plus vite, j'imaginais l'objet de mon désir, la poupée de mes rêves, ses vêtements, la couleur de ses cheveux, la plus belle assurément! est-ce que je choisirais plutôt un poupon, avec le biberon, et avec un trou à la tétine, bien entendu? Et ensuite ce que je ferai avec, je le mettrai dans le landau, lui chanterait des berveuses, l'envelopperait de ma tendresse de "petite mère", j'imaginais des scénarios, et en même temps je marchais dans la neige, riait sous mon capuchon en tenant la main de mon père, j'étais fière de me promener avec lui, il était si grand, si beau! Il y avait dans CE moment présent, tellement de joie, de bonheur!!! Et pourtant à CE moment-là, je n'avais pas encore la poupée la plus belle de la terre! Qu'étais-je donc en train de vivre si intensément?


Il me semble que la vie "spirituelle" sur terre pourrait avoir le même visage, imaginer ce lieu où l'ego rencontre le Soi, la magie de cette rencontre, marcher sur le chemin nous y menant en profitant de ce que le chemin nous apporte, accompagner ou être accompagné par d'autres, être seul, aimer la pluie, la neige, le soleil, le vent, et tout ce que la nature peut nous apporter de sensations merveilleuses, de beauté, de lumière... Goûter les couleurs, la musique, les sensations physiques d'un sport ou d'une activité dense, contempler une fleur pousser jour après jour, danse la vie, faire l'amour, partager ce que l'on aime avec les autres, partager la tendresse, recevoir un sourire, en donner un, être dans la compassion, aider, et faire ce pourquoi l'on est fait dans la plus grande des joies... servir... accepter ce que la vie nous donne et nous enlève parfois... marcher sur le chemin... tout simplement...


Rien ne sert de tirer sur une fleur pour la faire pousser, juste la contempler chaque jour et s'émerveiller de sa détermination et sa patience à être dans la Lumière... car elle est elle-même Lumière... pour moi le bonheur c'est Cela...


J'ai envie de dire à mon amie d'hier : "Laisse tes enfants pousser comme ils l'entendent, ne désire pas de choses pour eux, aies confiance dans leur propre Lumière et leur capacité à vivre leur chemin, et pense à TA propre lumière... Danse TA VIE! Sois heureuse!"


Vous êtes Tous mes amis une Fleur en devenir, une Lumière en devenir...

Goûtez le Chemin, juste le Chemin...

 

Gratitude.